Qu'est-ce qu'un CGP et pourquoi en consulter un
Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) est un professionnel qui accompagne les particuliers dans la structuration, le développement et la transmission de leur patrimoine (financier, immobilier, professionnel). Il intervient sur l'assurance-vie, les SCPI, le PER, l'immobilier locatif, l'optimisation fiscale, la transmission successorale ou encore la préparation de la retraite.
Contrairement à un conseiller bancaire, qui distribue essentiellement les produits de son réseau, le CGP indépendant peut sélectionner des solutions auprès de plusieurs partenaires (assureurs, sociétés de gestion, banques privées) et formaliser un vrai devoir de conseil. Il est particulièrement utile lorsque votre situation patrimoniale se complexifie : cession d'entreprise, héritage important, expatriation, projet immobilier structurant, préparation de la retraite à 10-20 ans.
Attention : toute décision d'investissement comporte un risque de perte en capital. Le capital n'est pas garanti sur la majorité des supports patrimoniaux (UC, SCPI, private equity, crypto-actifs). Un bon CGP doit vous alerter sur ces risques avant toute souscription.
Les 4 statuts ORIAS à vérifier
L'ORIAS (Organisme pour le Registre unique des Intermédiaires en Assurance, Banque et Finance) est le registre public obligatoire. Chaque CGP doit y figurer sous un ou plusieurs statuts. Vérifiez systématiquement son numéro d'immatriculation sur orias.fr avant tout engagement.
| Statut | Activité couverte | Autorité de tutelle |
|---|---|---|
| CIF | Conseiller en Investissements Financiers : conseil sur les instruments financiers (OPCVM, actions, obligations, fonds). | AMF |
| IOBSP | Intermédiaire en Opérations de Banque et Services de Paiement : crédits immobiliers, regroupement, courtage. | ACPR |
| COA | Courtier en Opérations d'Assurance : assurance-vie, contrats de capitalisation, prévoyance. | ACPR |
| MIA | Mandataire d'Intermédiaire en Assurance : distribution pour le compte d'un courtier ou mandataire principal. | ACPR |
Un CGP complet cumule généralement au moins les statuts CIF + COA + IOBSP, ce qui lui permet de couvrir l'essentiel des problématiques patrimoniales. Un professionnel qui ne dispose que d'un seul statut aura un périmètre d'intervention plus restreint.
Les 7 critères de choix
1. L'immatriculation ORIAS
Premier réflexe : saisir le numéro ORIAS sur le registre public. Vérifiez la validité, les statuts détenus et les éventuelles radiations historiques. Un professionnel qui refuse de communiquer son numéro est à fuir.
2. La transparence sur les frais
La rémunération du conseiller doit être détaillée par écrit : honoraires de conseil, commissions sur produits, frais d'entrée, frais de gestion récurrents, rétrocessions. Depuis la directive MIF II, le CIF doit remettre un document d'information sur les coûts et charges avant toute souscription.
3. L'indépendance vs réseau
Un CGP réellement indépendant au sens de MIF II ne perçoit pas de rétrocessions des sociétés de gestion et se rémunère exclusivement en honoraires. Un CGP dit « non indépendant » peut travailler avec plusieurs partenaires mais recevoir des commissions. Les deux modèles sont légaux : le plus important est la transparence.
4. L'adhésion à une association agréée
Les CIF doivent adhérer à une association professionnelle agréée par l'AMF : CNCGP, ANACOFI, CNCIF ou La Compagnie des CGPI. Ces associations contrôlent leurs membres, imposent un code de déontologie et une formation continue. L'adhésion est un gage sérieux de professionnalisme.
5. Le document d'entrée en relation (DER)
Document obligatoire remis avant toute prestation. Il précise l'identité du conseiller, ses statuts, ses mandats, son mode de rémunération, ses partenaires et les procédures de réclamation. Exigez-le systématiquement lors du premier rendez-vous.
6. L'évaluation du profil de risque
Un CGP sérieux commence par un questionnaire exhaustif : situation familiale, patrimoine global, objectifs, horizon, expérience des marchés, tolérance aux pertes. Sans ce travail préalable, aucune recommandation n'est juridiquement fondée. La réglementation impose l'adéquation entre le profil de l'investisseur et les produits proposés.
7. La convention de conseil (lettre de mission)
Pour une mission d'honoraires, un contrat écrit formalise le périmètre, la durée et la rémunération. Pour un conseil ponctuel, une lettre de mission suffit. Dans tous les cas, évitez les accompagnements « verbaux » non tracés.
Vous hésitez entre plusieurs conseillers ? Nous vous mettons en relation avec un CGP indépendant habilité près de chez vous, pour un premier échange sans engagement.
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| Critère | CGP indépendant | Conseiller bancaire |
|---|---|---|
| Étendue des produits | Multi-partenaires (10 à 50 assureurs / sociétés de gestion) | Produits maison quasi-exclusivement |
| Disponibilité | Rendez-vous longs, suivi dédié | Rotation fréquente, rendez-vous courts |
| Rémunération | Honoraires + commissions (transparence) | Salaire + objectifs commerciaux |
| Indépendance | Forte (pas de tutelle hiérarchique sur les choix) | Faible (politique commerciale du réseau) |
| Cadre de mission | Lettre de mission, DER, rapport écrit | Informel, parfois au guichet |
| Patrimoine cible | À partir de 100 000 € de patrimoine mobilisable | Tous profils, dont modestes |
La rémunération du CGP : honoraires, commissions ou mix
Trois modèles de rémunération coexistent en France :
- Honoraires purs : le client paie une prestation de conseil (audit, bilan, suivi annuel). Tarification à l'heure (150 à 400 €/h), au forfait (500 à 3 000 € pour un bilan), ou en pourcentage du patrimoine conseillé (0,5 à 1,5 %/an). Modèle le plus transparent.
- Commissions sur produits : le CGP est rémunéré par les sociétés partenaires à chaque souscription (frais d'entrée rétrocédés, rétrocessions sur les encours). Le client ne paie rien directement au conseiller, mais les frais du produit sont impactés.
- Mix honoraires + commissions : modèle dominant. Le CGP facture certaines missions (bilan, succession) et perçoit des commissions sur d'autres (souscriptions). La grille doit être explicitée.
Aucun modèle n'est intrinsèquement meilleur. Le critère qui compte est la transparence : le conseiller doit pouvoir chiffrer à l'euro près ce qu'il gagnera sur chaque recommandation.
10 questions à poser lors du premier rendez-vous
- Quel est votre numéro ORIAS et quels statuts détenez-vous ?
- À quelle association agréée adhérez-vous (CNCGP, ANACOFI, CNCIF) ?
- Êtes-vous indépendant au sens MIF II ou non indépendant ?
- Quelle est votre responsabilité civile professionnelle et son plafond ?
- Combien d'assureurs / de sociétés de gestion référencez-vous ?
- Comment êtes-vous rémunéré sur les produits que vous me recommanderez ?
- Pouvez-vous me remettre aujourd'hui le DER et votre grille tarifaire ?
- Quelle est la procédure en cas de réclamation ou de litige ?
- Quelle durée prévoyez-vous pour établir mon bilan patrimonial ?
- Sous quelle forme me restituerez-vous vos recommandations (rapport écrit) ?
Signaux d'alerte — à fuir impérativement
Ces comportements doivent immédiatement vous faire rompre la relation avec un conseiller. La plupart sont contraires aux règles ORIAS/AMF et vous exposent à un risque majeur.
- À fuir : toute promesse d'un rendement dit « garanti » sur un placement non bancaire. Aucun placement financier (hors livrets réglementés et fonds euros historiques) ne garantit le capital ni le rendement.
- Refus de communiquer le numéro ORIAS ou le DER par écrit.
- Pression pour signer lors du premier rendez-vous sans période de réflexion.
- Absence de questionnaire d'adéquation (profil de risque) avant recommandation.
- Rémunération totalement opaque ou « offerte par l'assureur ».
- Recommandation mono-produit (tout sur un seul support, un seul assureur).
- Montages complexes impliquant des paradis fiscaux sans justification économique.
- Conseiller ne disposant pas d'une responsabilité civile professionnelle à jour.
- Absence totale d'avertissement sur le risque de perte en capital.
Rappel important : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucun placement non garanti par l'État ou un fonds euros ne peut promettre un rendement certain. Tout discours qui laisse entendre une garantie sur des UC, SCPI, private equity, crypto ou produits structurés est par construction trompeur.
Pour aller plus loin
Pour approfondir, consultez notre page pilier Gestion de patrimoine ou explorez les conseillers spécialistes du bilan patrimonial. Trois guides complémentaires pour préparer votre projet :
- Premier RDV avec un CGP : checklist de préparation
- Lettre de mission CGP : que doit-elle contenir
- Le DER (Document d'Entrée en Relation)
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⚠️ Avertissements sur les risques
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements comportent un risque de perte en capital partielle ou totale. Le capital n'est pas garanti.
Les avantages fiscaux dépendent de la situation individuelle de chacun et sont susceptibles d'évoluer. Consultez un professionnel habilité avant tout investissement.
Investir Global agit exclusivement en tant qu'apporteur d'affaires. Nous mettons en relation avec des professionnels habilités (ORIAS / ACPR / AMF). Nous ne prodiguons aucun conseil en investissement, aucune recommandation personnalisée ni démarchage financier.
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